Wild Land - RPG
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Bienvenue sur le tout premier forum RPG dont le thème est basé sur l'univers du célèbre roman de Jack London, L'Appel de la Forêt !

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Amicalement,
Taïga, votre co-fondatrice.


Le tout premier RPG basé sur le roman L'Appel de la Forêt de Jack London ! Incarnes ton canidé, et deviens la prochaine légende !
 
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 Un soleil perdu dans la brume...

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Nassaï
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Date d'inscription : 03/05/2015
Age : 19

MessageSujet: Un soleil perdu dans la brume...   Lun 11 Mai - 21:23

Nassaï
▬ NOM : Nassaï
▬ SURNOM : Nass' ou "le fantôme des bois perdus"
▬ SEXE : Mâle
▬ AGE : 4 ans
▬ ESPÈCE : Loup
▬ GROUPE : Meute de l'Est
▬ GRADE : Solitaire - Futur Alpha de la Meute de l'Est
Caractère



  Bonjour, vous savez... C'est navrant mais... Eh bien, je n'aime pas trop parler de moi. Mystérieux oui je suis... Mystérieux. Pourquoi ? Eh bien... Qui peut vraiment le dire ? Non, je ne cherche pas à éviter la question, je cherche à vous éviter la réponse, parce que je sais qu'elle ne sera autre que "c'est dans ma nature".
  Je suis discret, et méfiant envers l'inconnu. J'ai également une capacité de jugement assez développée et objective. Je prends toujours le temps d'analyser convenablement tout ce qui m'entoure. Stratégique et prudent semblent être deux termes qui me définissent à la pointe même de la perfection. Je reste souvent seul, parce que mon histoire à fait en sorte que je m'y habitue.
  Je ressemble peut-être a une belle peluche mais le seul point commun que je partage avec elles, c'est leur grand coeur bien caché sous tout ces poils. J'aime intimider et conter des histoires qui font peur aux petits. J'adore les petits, sauf quand ils me grimpent dessus, parce que ça me rend ronchon. Et leur présence ne doit pas être permanente. Je ne suis pas une nounou, j'aime juste leur simplicité, leur curiosité, leur envie insatiable de tout savoir, de connaître le pourquoi du comment de chaque chose ou de chaque animal qu'ils croisent. En fait, j'ai toujours considéré les jeunes comme une base, positive ou négative, dont ceux qui en ont la charge (parents ou autre) et les proches peuvent influencer, pour la consolider ou la modifier... Mais moi, je ne suis pas comme ça.
  Je sais me remettre en question, mais jamais sur l'instant. Quand je me dispute avec quelqu'un, mon quotidien est des lors secoué entre le regret et la haine. Souvent je repense à ce qu'il s'est passé, comment ça s'est passé, et parfois je me dis que j'aurais pu agir autrement, parfois cela ne fait qu'alimenter la colère incontrôlable qui me tord le cœur et me donne envie de tout détruire. Je suis comme ça moi : j'encaisse beaucoup, mais le jour ou un petit malin crache le mot en trop, ou commet l'acte, peut-être banal comparé à tout ce que j'aurai pu supporter auparavant sans rien dire, et que ça fait sortir ma rivière intérieure de son lit, j'explose et je deviens un monstre. Loin d'attaquer le premier sans une raison nécessaire, je n'hésite pas cependant à avertir et à montrer les crocs.
  Un loup c'est ça après tout, un esprit libre, incontrôlable par les autres, et qui ne sait parfois pas se contenir lui-même...

Physique



  Regardez ce loup... En fait... Le voyez-vous seulement ? Non... Ce n'est pas qu'une ombre là-bas, derrière la silhouette de cet arbre au loin. Et maintenant vous le voyez ? Apercevez-vous ce regard brillant ? Ces prunelles luisantes qui ne pétillent pas du même éclat ? C'est parce que mes yeux sont vairons. Oui, ils te semblent différents de loin, il le sont, c'est pour ça. L'un est bleu comme le ciel, l'autre jaune, comme le soleil tu dis ? Non... Jaune c'est vrai, cette couleur fait penser à l'étoile brûlante et mortelle, si dangereuse... Mais il a le même éclat de vie qu'un feu bouillant et intimidant, dont on n'ose pas s'approcher de trop près, de crainte d'être blessé. Je suis comme le feu, je peux tout détruire, il n'est pas bon de m'attiser et mieux vaut fuir quand je me déclenche pour de bon... Je fais peur je sais.
  Les loups noirs portent malheur dis-tu ? Mais non ! Ne t'en va pas... Je ne suis pas entièrement noir, les poils tout au bout de ma queue sont blancs. Vraiment ceux qui se trouvent à la toute extrémité, c'est à dire qu'il doit y en avoir bien moins d'une dizaine. Une pincée d'entre eux seulement. Sinon oui, je suis noir. Il le faut s'il on veut se cacher dans l'obscurité tu ne penses pas ? Si tu es de mon avis ? Tant mieux...
  Tu l'auras compris, je suis difficile à trouver. Et quand on peut me voir à la lumière éclatante, celle qui m'éblouit lorsqu'elle m'éclaire à vos yeux, on est souvent bien déstabilisé et pour cause ! Mes crocs aiguisés et menaçants font peur, et on ne voit que le reflet d'une étincelle venue d'on ne sait où se refléter sur ces derniers, et dans mes prunelles. J'ai aussi une musculature développée, et visible s'il on prend la peine de me détailler, ce que je ne supporte pas d'ailleurs. Les regards qui me parcourent de haut en bas m'agacent, je dirais même qu'ils attisent carrément ma colère la plus noire, la plus renfermée, la plus secrète et donc... La plus destructrice.
  Je suis un peu plus grand que la moyenne, et mes poils soyeux peuvent donner l'envie de me caresser, ce que je ne vous conseille pas... On dirait oui, que je suis tout doux... Mais mes réactions elles, sont encore plus vives et dangereuses que les éclairs qui zèbrent le ciel par temps d'orage...
  On dit de moi que je suis intérieurement aussi sombre que les nuages les plus noirs qui puissent exister, mais je reste convaincu que s'il demeure un rayon de soleil au fin fond de mon âme, il se lira dans mon regard.


Histoire



  Mon Histoire... Vous voulez la savoir ? Je me demande bien à quoi cela va vous mener, et quel intérêt vous aurez à m'écouter. D'ailleurs si vous faites ça en espérant occuper une partie de votre temps libre, parce que vous avez cinq minutes et que vous ne savez pas quoi en faire, je ne vous conseille pas de lire les lignes qui vont suivre. J'ai beaucoup à vous raconter, si vous voulez en savoir plus sur moi. Alors si ça presse, allez vite faire ce que vous avez à faire, les petits. Je n'ai certainement pas envie d'être interrompu par des « j'ai envie de faire de pipis ! » ou des « c'est bientôt fini ? ». Non, je ne suis pas vieux, et oui, je parle comme eux. C'est l'expérience, le nom que nous donnons à nos erreurs. Bien, te voilà de retour Invité ? Par-fait. Alors choisis bien ton siège de mousse, et prépare-toi à écouter une longue histoire. Et ne te réjouis pas surtout, parce que cette histoire là à tout à envier aux contes et aux romans. 


Cette histoire là, n'est pas très joyeuse... 




~ Chapitre 1 ~
Recueil...  



  Il faisait frais au cœur de la forêt ce matin... Le soleil nous gratifiait de ses délicats rayons, eux-mêmes filtrés par les épais feuillages des grands arbres imposants qui m'entouraient. Une délicate odeur de sapin sauvage me chatouillait la truffe, si bien que j'éternuai. Mes yeux s'ouvrirent, immenses, innocents et curieux. Alors je me levai, allongeai maladroitement mes pattes avant aussi loin que je le pus devant moi et m'étirai longuement en baillant à m'en décocher la mâchoire. 
  Je titubai et sortis péniblement de la grotte, en agitant mon nez en direction du ciel pour percevoir toutes les senteurs auxquelles je n'étais pas encore habituées, mais qui me tenaient compagnie chaque fois que l'étoile brûlante et lointaine s'éveillait. Mes pattes s'activèrent pour me guider hors du petit terrier.
  Le sentier pour m'en extirper était étroit et recouvert de feuilles d'automne et je voyais la faible clarté des filets solaires illuminer toute la nature au dehors. Les yeux mi-clos car je n'étais encore qu'un louveteau, j'écrasai sans délicatesse aucune les restes de matière organique morte qui me conduisaient au plus grand danger qu'il soit : la forêt. Si vaste, si belle, si luxuriante et gorgée de cachettes pour jouer... Je rêvais d'aller l'explorer, mais ma mère disait que j'étais encore trop petit et fragile, et que c'était mortel parce que des ennemis s'y cachaient. 
  Elle avait une voix douce et tendre ma maman, et elle était très malade. Elle allait s'en aller un jour, je le savais, parce qu'elle me l'avait dit. Elle s'appelait Lune de Miel, et mon papa lui c'était Boule de coton. D'ailleurs je sentis son odeur, et je gardai les yeux fermés pour l'imprimer dans ma tête pour toujours. Il arrivait mon papa, c'était un loup sombre, dont j'ai hérité du caractère :
- Qu'est-ce que tu fais ici Nassaï ? 
- Beh, j'm'amuse ! 
  Il m'attrapa hâtivement par la peau du cou, jeta un regard sur sa gauche, sur sa droite, et me traîna dans le terrier que je venais de quitter. Il me posa sur mon lit de mousse en soupirant, tandis qu'il m'agaçait du bout d'une de ses pattes : 
- Qu'est-ce que ta mère dirait ?
- Que j'ai raison de vouloir m'amuser, parce que je suis jeune et qu'il faut en profiter !, m'exclamais-je joyeusement tout en poussant des grondements de satisfaction.
- C'est ça oui..., souffla-t-il en souriant vaguement.
  Je me roulai et, sur le dos, je le regardai en grognant. 
  De longs instants passèrent, et je me redressai en me plaignant : 
- P'pa... J'peux pas aller jouer avec les autres petits louveteaux qui vivent dans le terrier sous le grand chêne ?
- Tu sais bien que nous préférons que tu restes ici. Les autres se sont moqués de toi la dernière fois... A cause de tes yeux tu t'en souviens ?
  Je baissai la tête à l'évocation de ce douloureux passage de ma vie. C'est vrai qu'avec mes deux prunelles différentes, j'attisais les moqueries, et les légendes de celui qui porte malheur, en bref, je me retrouvais à l'écart, rejeté par les autres de mon âge. 
  Mon père se redressa soudainement. Il me fit signe de me taire, et je le fixais, interrogateur. Lorsque je voulu lui en demander la raison, il rejeta violemment sa tête vers l'entrée de notre maison. Ma maman arrivait en courant : 
- Boule de coton ! Attrape Nassaï ! Nous partons ! 
- Ma-Maman !?
  Elle repartit en courant aussi vite qu'elle était apparue. Mon père voulu s'exécuter, mais alors qu'il inclinait la tête dans l'espoir de me saisir entre ses crocs puissants de mâle adulte, je lui infligeai un coup de patte, paniqué et sortis en trombe en appelant ma mère. J'étais petit et je voulais savoir ce qui causait autant de tapage et perturbait notre quotidien si tranquille...
- Maman ! Maman où es-tu !? 
  Terrifié. J'étais terrifié parce que je ne savais pas où elle se trouvait, et j'ignorais quel était le scénario au cœur duquel je me noyais. Mon père m'appelait, mais c'était comme si je ne l'entendais pas, et comme si je ne pouvais pas répondre à ses interpellations désespérées. En fait, des loups solitaires venaient, en quête de terriers, ou de nourriture. 
  Je me retrouvai coincé, face à un adulte qui me transcendait de ses prunelles rouge sang : 
- Oh... Mais qui voilà ? Le petit de Lune de Miel... Qu'est-ce que tu fais tout seul toi ? Viens par là, ta maman doit te chercher non... ?
  J'ouvris grand les yeux, plus apeuré que jamais tandis que l'inconnu aux intentions malveillantes dévoila toute l'étendue de ses crocs en un rictus des plus sadiques. Il se prépara à me bondir dessus, et c'est en plein saut que ma maman l'intercepta et le fit tomber en arrière. Elle se retourna, me fonça dessus et m'attrapa rapidement. 
- Maman ! Maman tu me fais mal ! 
- Silenche ! 
  Brinquebalé entre deux foulées, je ne savais plus où donner de la tête, et je commençais à avoir mal au cœur. Ma mère me déposa sous un arbuste épais et le temps de me donner une léchouille rapide sur la tête et de me souffler ses derniers mots, elle se jeta au cœur du danger pour me protéger. Tout ce qu'elle m'avait murmuré était :
- Reste là... 
- Maman... 
  Elle parvint à se glisser jusqu'à mon père qui luttait contre les quelques assaillants et attira l'attention de ces derniers pour qu'il me rejoigne et me mette en lieu sûr. Je tremblais de tous mes membres, et je regrettais de ne causer que des ennuis... Je ne pouvais rien faire pour les aider, et rien que d'être là, ça les embêtait... 
  Une fois de plus, je fus déposé dans un endroit sombre, une sorte de caverne. Je ne sais pas combien de temps j'y ai attendu un signe... Toujours est-il que ce genre d'attente est interminable, et finit par nous tuer de l'intérieur. 
  J'imaginais les pires scénarios, et je me surprenais à pleurer. Alors pour me changer les idées, je décidai à plusieurs reprises d'explorer, mais après avoir reniflé quelques odeurs, la crainte de m'engouffrer trop loin et de me perdre dans l'obscurité était saisissante. Alors je me couchais contre une parois, la queue rabattue contre moi ou entre mes pattes arrières, et je tentais de dormir sans conviction. Mes yeux larmoyants regardaient aux alentours, quêtaient un semblant de lumière, ou une étincelle de vie. 


Mais il n'y avait de vivant que moi dans cette grotte qui semblait sans fond.



*



  Ma truffe s'agita ce matin là. La rosée fraîche de la nuit me fit tressaillir. J'avais froid. J'éternuai puis, dans un réflexe naturel, je soulevai mes paupières. Il faisait plus clair. J'avais sûrement passé la nuit dans cette abominable endroit clos. Mes pattes fourmillaient d'une irrépressible envie de se dégourdir. Alors je m'étirai longuement, secouai la tête, baillai même quelquefois et me décidai à sortir, en trottinant. 
  Une fois libéré de ce lieu étroit et humide, je demeurai ébloui par l'éclat fracassant des rayons du soleil. J'appelai mes parents, comme à mon habitude, mais aucun ne me répondit. 
  Je restai soudain statique. J'étais comme paralysé devant l'effroyable spectacle de la nature qui reprenait ses droits. Le vent soufflait fort, et tout était calme, comme s'il n'y avait jamais rien eu d'autre que ce silence de mort. Et il y en avait des morts, mais ça, je n'étais pas censé le savoir. 
  Stoïque durant de longs instants, c'est le gargouillement de mon estomac vide qui me fit reprendre mes esprits. Alors, après avoir écouté le vent la bouche ouverte, choqué par l'ignorance dont la nature même faisait preuve en vue des atrocités qu'il pouvait arriver en son cœur, je me mis à hurler à m'en massacrer la gorge :
- Papaaaaa ! Mamaaannnnn ! J'ai faim ! J'ai froid !
  J'inclinai la tête face à une bourrasque qui se leva, et dura péniblement pendant quelques secondes. Puis, je susurrai, alors que des larmes pures et salées me montaient aux yeux :
- J'ai peur... 
  Il me semblait entendre murmurer la bise. Léger souffle fantomatique, lointain, presque imperceptible... Souffle étrange qui fit se dresser mes oreilles sur mon crâne, attentif au moindre bruit, curieux de savoir si cet appel n'était qu'un rêve. Mais... 
- Nass... Nassaï !?
- Papa !
  Étais-je épuisé ? Étais-je affamé ? Étais-je perdu ? Je ne ressentais plus rien de tout ça en tout cas, et cet état n'était plus le mien à l'entente de mon nom crié par la voix de mon père. Sans hésitation, je couru à corps perdu dans une direction que je n'étais pas même sur d'être la bonne... 
  C'est seulement une fois que je fus enveloppé dans une épaisse brume que je m'arrêtai, terrifié : 
- Papa ! Où es-tu ? 
  Je marchai à l'aveuglette, et, lorsque mon antérieur droit frôla une sorte de tapis de poils, je fus soulagé. Alors avec un sourire et des étincelles de joie plein les yeux, je posai mon regard sur le corps recouvert de poils sur lequel j'avais posé mes deux pattes avant :
- Maman ?
  Je fourrai ma truffe dans sa fourrure. Gelée... Elle était glacée comme jamais. Je fus pris d'un élan de panique si intense que je cru que mon cœur s'était arrêté . Jamais son corps n'avait eu pareille température. Ma mère m'avait toujours tenu chaud. 
- Maman... Papa va s'inquiéter.
  Je fis le tour. Elle avait la gueule ouverte, la langue étendue sur le sol, et ses yeux, ses magnifiques yeux étaient fermés... Quelque part dans les bas-fonds de mon âme, une voix me faisait comprendre qu'il était trop tard pour espérer quoi que ce soit, mais je refusais de l'admettre. Alors je couinai, et pleurai :
- Maman... Viens on rentre ! J'ai faim...
  Je me glissai vers ses mamelles, mais j'avais beau essayer, je ne reçu aucune goutte de lait. Je pris appui sur elle, et la secouai de mes deux petites pattes sans force pour la réveiller, en reniflant. Je refusais d'y croire. Mais le sang s'échappait entre ses babines, et de ses nombreuses plaies. Les traces sur le sol, si j'avais pris le temps, et si j'avais eu l'intelligence et la maturité de les analyser, m'auraient laissées deviner qu'ils lui avaient tendu une embuscade. 
- Nassaï...
  Je me retournai. Deux prunelles brillaient dans le brouillard. Deux soleils tristes... Papa.
- Papa... 
- Ta maman... Ta maman ne se relèvera pas tu sais...
- Pourquoi... ?
  Il eut un de ces sourires faibles, encourageants, et qui enviaient l'innocence du jeune âge. Sur un ton bienveillant tandis qu'il pleurait lui aussi, il susurra :
- Parce qu'elle dort... Elle a besoin de se reposer tu sais.
- Oui mais... Oui mais à chaque fois qu'elle s'endort, elle se réveille après ! Il faut juste attendre !, m'exclamais-je en vissant mon derrière par terre.
  Lui, me regardait sans cesser de sourire, les prunelles trempées par le lourd chagrin que supportait son cœur :
- Ça ne sert à rien d'attendre voyons... Tu en es conscient.
- Mais pourquoi... Pourquoi papa !?
- Suis moi.
  Je me levai, profondément troublé. En fait, je crois que je ne comprenais pas tout. J'avais l'impression de laisser tomber ma mère... Et je m'en voulais. 
  Mon père me serra contre lui, et me contraignis à regarder droit devant moi. Sur un ton vague, il acheva alors cet instant sur une phrase aussi belle que romantiquement tragique. Tout en la prononçant, il me regarda dans les yeux, plein de compassion pour le petit que j'étais, et qui ne comprenait pas qu'il ne reverrait plus l'éclat rassurant du sourire de sa mère :
- Je sais... D'ordinaire elle se réveille... Mais je suis désolé... Pas cette fois.
  Tout en marchant, je pivotai ma tête sur le côté et lançai un dernier coup d’œil à celle qui m'avait offert la vie, et n'avait pas hésité à faire don de la sienne pour la préserver. 
- Adieu... Maman...



*



  Mon père, malgré ses plaies, parvint à attraper un oiseau affaibli par le froid et le dépluma en un rien de temps. Puis, alors qu'il était là, sous ma truffe, ouvert et prêt à être dévoré, mon père me jeta un regard et cracha sur un ton froid :
- Mange.
  Je m'approchai, reniflai... Je tendis la langue, finis par goûter, et crachai ce que j'avais failli ingurgiter.   Mon père soupira :
- Je te demande de faire un effort... 
- Mais c'est pas bon... Je veux du lait...
- Ta mère n'est plus là, et si tu ne manges pas Nassaï, tu ne seras plus là toi aussi !, hurla-t-il soudain, tandis que son visage était animé d'une rage qui me faisait trembler tant intérieurement que physiquement.
- Beh au moins j'irai la rejoindre, et elle me donnera du lait ! Na ! De toute façon toi t'es méchant ! Tu penses qu'à me disputer !
- Nassaï... Je chasse et tu craches la nourriture que je me tue à nous trouver ! 
- Mange-là toi ! Moi je vais chercher du lait ! Je veux du lait !
  Je m'enfuis, cavalcadant aussi vite que mes petites pattes me le permettaient, restant sourd aux appels désespérés de mon géniteur. Nous nous disputions de plus en plus fréquemment et pour des détails sans importance. Néanmoins, ce fus la première fois que j'en avais marre au point de prendre le risque de mettre ma vie en péril une fois de plus.
  Je partis bouder plus loin, jouer avec quelques feuilles puis, lorsque l'ennui et la faim eurent raison de moi, je décidai de rejoindre mon père, penaud quant à mon comportement. Je le trouvai sur le chemin, plus tôt que prévu. Il était allongé. Ses plaies s'étaient infectées depuis la dernière fois et il avait de longs moments de faiblesses. Mais quand je lui demandais, tout alarmé s'il allait s'en aller rejoindre maman et me laisser tout seul ici, il se forçait à sourire pour me rassurer, à me lécher le front et à me promettre qu'il serait là... Seulement...
- Papa ! J'ai faim !
  Je compris vite qu'il était mort. Il ne respirait plus, mais ses yeux grands ouverts me faisaient peur. Je le tapai de mes pattes sans force :
- Je t'ai promis que je ferais des efforts papa ! T'as pas tenu ta promesse ! T'es partis rejoindre maman sans moi ! Vous me laissez là, tout seul ! C'est pas juste... Vous êtes des... Des... Des méchants d'abord !
  Après avoir passé du temps avec ce qu'il restait de mon père, j'entrepris de manger un peu de viande, mais le goût de l'oiseau me dégouttait encore... C'était trop tôt pour que j'arrête le lait et que je passe à de la nourriture plus solide. Je commençais à sentir vraiment faible au fil des jours. Je ne savais pas quoi faire. Les hululements des chouettes, les craquements des arbres m’inquiétaient. Seul ici, j'étais voué à une mort lente et certaine...
  Perdu, et désespéré, je repris une course folle entre les arbres. Un écureuil m'avait effrayé parce qu'il avait bougé des buissons et j'avais fuis. Je ne voulais pas mourir... Seulement, mes pattes s'emmêlèrent, et il se faisait tard. 
- Ahhhhhhh !
  Le soleil dormait depuis longtemps. Je tombai, dévalai en roulé-boulé une pente qui sembla interminable et atterris sur le ventre. Ma respiration fut coupée quelques secondes sous le choc, et je n'eus pas le courage de me relever... 
- Aïe ma tête...
  Je secouai la tête. Je crus que c'était le tonnerre, mais mon ventre me faisait amèrement regretter de ne pas l'avoir rempli. Maintenant il était trop tard, l'oiseau avait du être dévoré par un autre animal, et je ne savais pas même chasser. En plus, je m'étais égaré... 
  Truffe au sol, je me roulai en boule, faible et amaigri. 
- Tiens... Mais qu'est-ce que tu fais là toi ?
  Mes yeux se levèrent péniblement vers le ciel. Une chienne me fixait, attendrie. Je venais de supporter une petite pluie qui m'avait bien trempée. 
  Un humain, très jeune s'approchait, alors elle me dit : 
- Écoute, je ne sais pas d'où tu viens, je ne sais pas ce qu'on t'a dis. Je suis une chienne d'indien. Ce petit homme qui vient, c'est Œil de lynx. Laisse-toi faire d'accord... ? Nous allons prendre soin de toi...




~ Chapitre 2 ~
Et l'inévitable se produisit...   








  Après quelques supplications et d'interminables négociations, Œil de lynx eut le droit de me garder, non sans une méfiance exagérée de la part de ses parents. Luciole, sa chienne, celle qui m'avait déniché, me présenta les autres chiens dont elle était proche. Je fis donc la connaissance de Litchi, Orage et Flocon. Je m'étais approché de Litchi et Flocon, car il s'était avéré que nous avions quelques points communs, et les éclats de rire fusèrent vite entre nous. Orage qui se sentait à l'écart, passait son temps à leur raconter les pires atrocités possibles sur moi pour les dissuader de m'approcher. Elle gardait en tête que je n'étais pas comme eux, et donc pas des leurs. 
  Je suivais le petit indien partout, en remuant de la queue comme les autres. Je grandissais, mon caractère se faisait doux, bienveillant, affectif. Mêmes les autres indiens, après de longues années durant lesquelles ils me regardaient méchamment et ou ils mettaient tout en œuvre pour éviter de croiser la route d'Œil de lynx, s'étaient accommodés à ma présence. Ils me toléraient tous, les uns après les autres. Luciole m'enseignait beaucoup de choses sauf chasser puisqu'elle se contentait de la nourriture qu'Œil de lynx lui donnait. Moi, je n'avais pas envie de lâcher cette envie, cet instinct de chasser pour me nourrir. 
  C'est à cette époque que je fis la rencontre de Daemon, un grand chien un peu sauvage, et un peu vieux. Lui, il avait toujours refusé d'être servis par des bipèdes, et c'est lui qui m'avait donné les bases de la chasse. Dégoutté par tout ce qui était rose, petit et mignon, j'avais redoublé d'efforts pour qu'il accepte mon naturel enfantin. Mais quand il avait appris que j'étais un loup d'origine et qu'on m'avait trouvé tout petit, on peut dire que je l'avais intéressé ! Il représentait ce qui se rapprochait le plus d'un père à mes yeux. 
  Ce qui m'intriguait surtout, c'était les signaux de fumée. Le feu me faisait peur, mais quand je voyais ces gros nuages sombres s'envoler vers le ciel, j'étais fasciné. Comment pouvait-on communiquer de la sorte ? Je ne comprenais pas mais je restais assis à côté de mon petit homme tandis qu'il s'accaparait à cette tâche, et je le fixais, la tête sur le côté, curieux. Je m'accoutumai également aux autres coutumes indiennes étranges, sans les apprécier pour autant. Je les supportais juste parce qu'elle avaient fait partie intégrante de mon quotidien.
  Je me souviens qu'un jour, je m'étais réveillé plus tôt que prévu. Luciole m'avait secoué, et pour éviter de déranger le sommeil des autres, elle m'avait dit sur une voix douce et presque imperceptible : 
- Tu viens ? J'aimerais te montrer quelque chose... 
- Mmmm ? 
- Dépêche-toi, et ne fais pas de bruit. Nous partons sous peu.
  Je m'étais traîné pour enfin réussir à me dresser sur mes quatre pattes, à m'étirer (toujours en baillant) et à me réveiller. Mais je suivais Luciole sans savoir où elle me menait. Une fois au centre du camp, je vis les autres chiens, tous plus ou moins grands, qui attendaient, assis. Les indiens s’accaparèrent de leurs instruments de chasse. Luciole me passa sa patte derrière la tête : elle voyait que je me posais des questions : 
- Je veux te montrer comment les indiens chassent. Normalement les chiots sont interdits, mais j'ai lourdement insisté pour que tu apprennes, et on dirait que j'ai obtenu gain de cause. Qu'est-ce que tu en penses ? 
- C'est génial ! 
  Je frétillais de bonheur. J'allais voir leur manière de se nourrir. Ma maman de remplacement me donna les consignes tout en s'assurant que je les suivais attentivement. Il fallait que je reste à distance et que je sois le plus discret et le plus immobile possible, afin de ne pas gâcher leur séance. Jamais ils n'avaient emmené de petit, préférant attendre qu'il soient plus matures et donc plus sérieux, alors si ma présence exceptionnelle était leur baptême, il fallait absolument que je mette tout en œuvre pour qu'il se déroule à merveille. 
  Sur les lieux, je fus mis en retrait. Distrait par quelques papillons, je me raisonnai toujours au dernier moment. Il fallait que je reste le plus statique possible. J'observais le moindre des gestes, la moindre des actions. 
  A la fin, je partis rejoindre Luciole, tout en trottinant joyeusement : 
- C'était passionnant ! 
- C'est vrai ? Contente que tu ais apprécié !
- Dis... On rentre là ? Parce que ça m'a épuisé de voir tout ça.
- Oui nous rentrons. 
  J'étais heureux et des étoiles brillaient de mille feux dans mon regard plein de vie. Lorsque nous arrivâmes au campement, je m'empressai de me diriger vers Litchi, Flocon et Orage, qui me tuèrent d'un regard assassin. 
- Coucou les amis ! 
- Quels amis ?, pesta Orage, fine énervée.
  Je ne relevai pas, puisqu'elle avait toujours eu ce caractère désinvolte envers moi, et tournai la tête vers Flocon :
- Alors ça va ?
- Je ne veux pas te voir, Nassaï. 
- Moi aussi, ajouta Litchi.
- Mais... Pourquoi ?
  Alors là je tombai des nues. Je ne comprenais plus ce qu'il se passait. Qu'avais-je bien pu faire pour qu'il puisse me reprocher ? 
- Va plus loin s'il te plaît. 
- Flocon... Litchi... Qu'est-ce que j'ai...
- Et ne prononce plus mon nom !, braillèrent-ils en chœur. Tu nous as laissé tomber ! On avait pourtant bien dit qu'on irait chasser les papillons aujourd’hui et se rouler dans les fleurs, mais au lieu de respecter tes promesses et de chasser les insectes avec nous, t'as préféré partir avec les humains ! Nous on a jamais pu y aller mais un loup qu'est même pas des nôtres, ils lui font confiance hein... Tu nous as joué un bien vilain tour... Traître !
  Litchi s'en alla vers son maître, boudeur. Les oreilles en arrière, je reculai. J'entendis Orage et Flocon grogner : 
- Je t'avais bien dis que c'était un bouffon. 
- J'aurais jamais dû devenir son ami.
- Je t'avais bien que tu regretterais. 
- J'aurais jamais dû te laisser de côté.
- Je t'avais bien dit qu'il troublerait notre amitié. 
- J'aurais jamais dû te dire que tu avais tort.
- Je t'avais bien dis qu'un jour tu ouvrirais les yeux. 
  Et ça se perdait dans ces interminables phrases encore longtemps... Moi je voulu aller demander conseil à ma maman de cœur, mais en voyant qu'elle se faisait caresser par Œil de lynx tout en entretenant une conversation que je ne comprenais pas avec d'autres chiens qui avaient encore du mal à me considérer comme faisant partie des leurs, je me résignai, et m'éloignai dans l'ombre pour m'y allonger. Je jouai avec un insecte insignifiant du bout d'une patte, le taquinant pour passer le temps jusqu'au soir pour me coucher... 




*



  Je grandis bien vite, alors que Litchi, Flocon et Orage, conformément à leurs paroles et leur caractères respectifs, ne m'avaient plus jamais adressé un seul mot, envoyant un chien intermédiaire s'ils avaient un message à m'adresser. C'était d'ailleurs soit un message de menace, soit une annonce de Luciole qui leur avait confié la tâche de m'appeler. Bien sur face à elle, nous faisions comme si de rien n'était, mais je voyais bien dans ses yeux et dans ses habitudes qu'elle soupçonnait quelque chose. Elle nous détaillait étrangement et semblait avoir relevé le fait que je me terre souvent dans l'ombre. Une fois, elle avait même surpris la course poursuite que Flocon, Litchi et Orage avaient engagée contre moi. Elle les avait vu me coincer dans un recoin pour se moquer de mes yeux. En effet, le fait qu'ils soient vairons, un phénomène rare que je considérais comme un mauvais coup du sort, ne m'attirait que des ennuis. Déjà que j'avais du mal à m'intégrer, autant dire que je ne cherchais plus à le faire.
  Après tout, j'y pensais bien souvent mais, je changeais en grandissant. De petit chiot qui veut toujours aller vers les autres même s'ils se moquent de lui et le rabaissent, j'étais passé à pré-adolescent qui se terre loin du monde et ne bouge pas, refusant qu'on l'approche le plus possible. Et je pouvais donner une explication à ça : déjà bébé je vivais terré au fond d'un trou caché, parce que mes parents craignaient pour ma vie. Finalement, ironie du sort ou simple coup du destin, c'était eux qui avaient perdu la leur. Arrivé au camp, je ne m'étais fait qu'un ami, et il avait finit par me tourner violemment le dos, m'infligeant un puissant coup psychique que je n'étais pas prêt à encaisser. On pouvait facilement comprendre, quand on savait que mes contacts avec les autres (mis à part celui avec Daemon) avaient toujours été désastreux, que je préférais rester tout seul et me contenter de quelques bribes de conversations avec le vieux loup qui traînait sa carcasse dans le camp. Si je me terrais dans le noir, c'était aussi parce que la première fois que j'avais vu la lumière du jour, mes parents avaient péris sous mes yeux, et c'était devenu comme une habitude de me cacher, d'avoir cette particularité de voir sans être vu... 

  S'il y a bien un de ces jours qui restera à jamais gravé dans ma mémoire comme pour beaucoup d'autres, c'est celui où... Non attendez, que je vous raconte...
  C'est une de ces journées habituelles, comme tout porte toujours à le croire, et à le répéter lorsque l'on s'en va narrer les aventures qui s'y ne s'y déroulent pas d'ordinaire. Je me réveillai sous les légers rayons de l'astre solaire qui se levait au loin, et partis m'étendre à l'ombre d'un arbre. Un grand arbre, au feuillage et au tronc impressionnants. Le ciel était parsemé de taches oranges et roses, c'était très beau à voir. La rosée du matin et le vent frais de cette dernière nuit passée au camp allaient commencer à disparaître, traînant lentement avec eux les rêves secrets que chaque être vivant avait vécu durant ces dernières heures.  
  Mais bien vite, je sentis quelque chose d'anormal... Des loups. Que faisaient-ils si près du camps ? Ils n'avaient rien à faire là. J'hésitai à aller prévenir Œil de lynx, mais au moment où, debout, j'allais entamer ma route vers le petit indien, une conversation avec Daemon me revint en tête... De sa voix grave et ancienne, portée par les années qu'il avait déjà vécues, et pour lesquelles je le respecterais et l'admirais, il m'avait dit :
- Tu as obtenu la confiance de presque tout le camp. Tu as pu assister à la scène de chasse si jeune, que les autres petits en sont envieux. Félicitations, tu es presque prêt pour que moi, je te considère comme faisant partie intégrante du camp.
- Alors que faut-il que je fasse encore, grand sage ?
  Grand sage, c'était le surnom qu'il n'aimait pas, mais que je lui avais toujours donné. Je ne sais pas s'il s'y était fait à la longue, mais au lieu de montrer les crocs et de me menacer, il ne se contentait plus que de me faire une grimace de dégoût. Au moins, ç'avait le don de m'amuser.
- Tu devras prouver ta bravoure un jour...
- Comment ça ? Que veux-tu dire ?
  La tête penchée sur le côté, une oreille dressée et l'autre tombante, je le fixais, attentif et désireux d'obtenir plus de détails.
- Tu sais que nous et les loups en général, nous ne nous entendons pas très bien n'est-ce pas ? Ce n'est pas une leçon que je t'apprends là. C'est d'ailleurs pour ça que tu n'as pas été très bien accueilli à ton arrivée. Nous sommes loin d'être chaleureux avec tout ce qui se rapproche de près ou de loin à un loup. Vois-tu ?
- Oui. Je t'écoute, Daemon.
- Tu ne sauras autorisé à m'appeler par mon nom qu'une fois que tu seras vraiment des nôtres pour moi et pas avant.
- Mais comment saurai-je ?
- Je te donnerai le signal.
- Que faut-il que je fasse pour que tu me vois comme l'un de vôtres ?
- Une bataille avec les loups se déroulera bien un jour. Les plus flemmards, malades et affamés essaient toujours de nous voler de la nourriture durement traquée.
- Non..., soufflai-je, outré.
- Si crois-moi, ces vermines traînent... Nous verrons bien ce jour là, à qui tu tourneras le dos : si c'est ta forêt que tu laisseras définitivement tomber, ou si c'est le camps, rempli de tout ces êtres qui t'ont offert un toit, de l'amour, et tout ce dont tu avais besoin pour survivre. Ce jour-là, tu devras me prouver qu'en plus de ton infinie reconnaissance, tu nous feras bénéficier de ton courage, ta bravoure et tes aptitudes à repousser l'ennemi qui s’introduit dans tes frontières. Ce jour-là Nassaï, tu devras faire le bon choix, et me montrer que tu n'es en rien un cas désespéré.
- Je ne te décevrai pas grand sage...
- Nous verrons bien.
- Je te le jure, avais-je promis sur un ton solennel et empli d'une mission que j'avais toujours rêvé de mener à bien.
  Si lui me considérait comme un membre de sa grande famille (parce qu'il ne le disait pas mais il considérait bien les indiens comme tel), c'est que j'en étais, et que ma dette serait éternellement remboursée. J'étais sur qu'à cet instant, au moment où cette occasion se présenterait, je saurais quoi faire et je serais un fils aux yeux de Daemon, tout comme il était un père aux miens.
  Je restai immobile, puis décidai de faire demi-tour pour chasser ces loups tout seul. Je me trouvai face à eux bien trop vite et leur crachai, sans doute excessivement sur de moi :
- Vous n'avez rien à faire ici. Allez vous-en !
  Il y en avait un gris cendré, et un roux. Le roux était un peu plus grand que son acolyte, et il me rit à la truffe :
- Hé ! Mais voilà un... Je rêve ou t'es un loup toi aussi ?
  Je me tenais bien droit, fier et dominant. Mes yeux aux teintes différentes les avertissaient et leur conseillaient de rester à distance raisonnable :
- C'est exact. Je suis un loup.
- Enchanté moi c'est Écorce de Brume !, répliqua le loup au pelage lumineux.
- Mais t'es idiot ou quoi ?, le réprimanda l'autre. Dis-lui mon nom pendant que t'y es !
- Oh pardon ! Lui c'est Ouragan.
  L’intéresse leva les yeux au ciel, avant de prendre la parole, sur un ton sévère :
- Et je peux savoir ce que tu fais avec les indiens ?,
- Mais c'est évident !, s'exclama le rouquin. Il a infiltré le camp pour voler de quoi se nourrir. En s'attisant leur confiance, si les vivres disparaissent, on ne le soupçonnera pas puisqu'ils penseront qu'il est des leurs. Bonne idée !
- Vu sa tête Écorce de Brume, je crois que tu fais fausse route..., gronda son partenaire en me fusillant d'un regard de glace.
  C'est à cet instant qu'Œil de lynx, sans doute alerté par nos grognements, déboula de derrière moi.   Face aux deux loups, il resta immobile, comme surpris. En fait, la phrase qu'il prononça dans un semi-murmure me prouvait que ma théorie était fausse :
- Qu'est-ce qui se passe Nass' ?
  Il m'avait juste entendu tonner dans les fourrés et s'était jeté dans la gueule, c'est le cas de le dire, des loups.
  Ouragan tenta une approche par la droite, mais je le bloquai tout en gardant un œil courroucé sur Écorce de Brume. Je savais ce qu'ils essayaient de faire : pendant que l'un attirait mon attention en essayant de passer par un quelconque côté, l'autre jouerait le rôle de celui qui ne bouge pas pour mieux filer du côté opposé, et attaquer l'indien que je me mis en tête de défendre.
  Voyant que leur combine ne marchait pas parce que j'avais su la deviner, Ouragan décida de passer aux choses sérieuses, et après de longues secondes qui me parurent être d'interminables heures sous ce soleil brûlant que mon pelage sombre attirait et qui me faisait suer, il bondit. Il bondit mais c'était sans compter sur mon plan d'action, puisque comme ma mère avant moi, je sautai à mon tour pour l'intercepter. Tandis que j'allais le percuter de plein fouet son sourire sadique me fit comprendre, un peu trop tard, que j'avais misé mon attention sur le mauvais loup. Déstabilisé, je parvins néanmoins à flanquer Ouragan par terre contre un arbre, et constatant qu'il ne remuait plus aucun membre, j'en déduis que je l'avais assommé.
  Je me tournai vers le rouquin, qui s'était posté devant l'indien, avec un sourire narquois aux babines.   Je lui bondis dessus, mais il s'écarta au dernier moment, et mes crocs se plantèrent dans le bras d'Œil de lynx.
- Aïe !
  Il hurlait, mais je refusais de lâcher, m'acharnant comme un fou. Le sang, son sang, coula dans ma gorge. Sucré, doux, exquis.
  Ce n'est que lorsque j'entendis les rires des deux ennemis que je compris ma faute, mais il était trop tard. Un chien du camp me sauta dessus, et planta ses crocs près de ma gorge. Œil de lynx demeurait infiniment choqué, et son bras dégoulinait de sang. Je n'avais pas fait semblant de le mordre.
  Les autres indiens arrivèrent peu de temps après. Moi, j'avais réussi à me relever. Je ne comprenais plus ce qu'il se passait. J'étais encerclé. Le père de mon petit homme, vers lequel j'essayais de retourner pour me faire pardonner sans qu'on ne m'y autorise, tonna :
- Il a goûté au sang maintenant ! A notre sang ! Il ne s'arrêtera plus. J'ai toujours su qu'au fond, son instinct animal de loup reprendrait le dessus. Mon fils et ses amis voulaient le garder, voyez-vous le résultat ?
- Père, pleurait Oeil de lynx. Qu'allons-nous faire ? Le relâcher ?
- Non... (il me fixa longuement, alors que j'avais encore les crocs dehors) Il nous faut le tuer. Si nous le relâchons, il voudra revenir. Il est habitué au camp, et qui sait qui sera sa prochaine victime ? Si nous le tuons, nous serons sur d'être en sécurité !
- Non père !
- Fils, je t'ai écouté une fois, regarde où cela m'a mené ! Regarde l'état dans lequel il a mis ton bras ! Ne vois-tu pas l'étincelle sauvage danser dans ses yeux ?
  Ils resserrèrent leur cercle, m'emprisonnant davantage. Moi, je les voyais brandir leurs armes. Devant toute cette foule, Écorce de Brume et Ouragan avaient pris la fuite. Jamais les humains n'avaient osé sortir leurs outils de chasse face aux leurs... Mais... Étais-je seulement des leurs ? Je me sentais pris au piège, et sans doute que je l'étais. Au fond j'étais un loup, mon âme me le criait. Alors tous crocs sortis, je grondai comme jamais je ne l'avais fait jusque là. Je grondai sourdement, et les regardai tous un par un, cherchant lequel d'entre eux serait assez vaillant pour m'attaquer en premier, quêtant l'homme sur lequel j'allais me jeter en premier. Je voulais m'enfuir... A tout prix. Et une voix au plus profond de mon être, criait :
« Que m'arrive-t-il !? Je suis un loup... Je dois me sauver... »
  Je ressentais un mélange de haine et de terreur. Si je n'arrivais pas à m'enfuir, ils allaient m'abattre...   Mais par quel moyen pourrais-je parvenir à détaler loin de tout ça, loin de ceux que j'avais toujours vu comme une seconde famille ?
  Soudain, Daemon, en un bond spectaculaire, se retrouva à mes côtés, il commença à m'attaquer... Pas lui... Non, il feintait. Nous fîmes semblant de lutter, sans que je comprenne où il voulait en venir. Nous voyant nous battre, les hommes s'écartèrent. Daemon me cloua au sol et me susurra, tout en mimant une attaque proche de mon épaule :
- Je suis fier de toi jeune loup. Contrairement à moi, tu n'as pas oublié celui que tu étais...
- Tu es... Tu es un loup ?
  Il hocha vaguement la tête en murmurant dans un souffle lointain :
- J'ai du sang de loup, oui. Mais c'était il y a bien longtemps. En défendant l'indien, tu m'aurais déçu.
- Mais... Tu disais qu'ils m'avaient offert un toit, de l'amour...
- Les humains nous rendent dépendants d'eux. N'oublie jamais qu'ils sont les pire ennemis que la race pure des loups compte à ce jour.
  Nous continuions de gronder réciproquement, puis, il ajouta :
- Je vais faire semblant de te pourchasser. A mon signal, redresse-toi, je me laisserai tomber. Une fois que je serai au sol, il faudra que tu cours... Les autres chiens suivront ta trace.
  Il me sourit, et acheva :
- Crois-moi plus tard, quand je raconterai aux autres chiots ta présence parmi nous, je pourrai leur dire à quel point j'étais fier d'avoir eu un petit loup que je pouvais considérer comme mon fils.
- Daemon...
- Maintenant fuis !
  Je me redressai, le plaquai au sol, et avant de lui tourner le dos, je soufflai :
- Ce fus un honneur pour moi de rencontrer mon héros.
  Je partis à travers les bois. Les chiens s’inquiétèrent de l'état de Daemon, qui exagérait ses couinements pour éviter qu'ils ne me prennent en chasse. Je restai caché sous d'épais feuillages, à les observer. Ma place était donc là, dans le lieu où j'étais né, et où j'aurais dû grandir.
  Les indiens disparurent les uns après les autres, mis à part un chien... Ou plutôt : une chienne. En effet, je surpris le regard horrifié de Luciole. Alors je l'avais déçue ? Je levai les yeux au ciel, en songeant à mes parents, à leur mort injuste, et au désespoir que devait ressentir celle que j'avais toujours considéré comme ma mère... La fixant dans les yeux un bref instant avant de m'envoler dans la nature, je me sentis enclin à une puissante culpabilité vis-à-vis d'elle qui déchira mon cœur si violemment, que la douleur remonta en un puissant hurlement dans ma gueule...


  Mon premier hurlement à la lune, n'était autre que celui qui trahissait toute la douleur de mon âme.

  J'étais un loup, et il était temps que je vive comme tel. Des à présent, il me faudrait vivre en solitaire, au moins jusqu'à ce que je me trouve une meute.


Un peu de vous

▬ TON PUFF : Sair', Nass' ou Uru
▬ TON ÂGE : 17 ans
▬ COMMENT AS-TU DÉCOUVERT LE FORUM : Par-te-na-riat ! ♪
▬ COMMENT LE TROUVES-TU ?: Je pense qu'il a un avenir prometteur !
▬ MANQUE-T-IL QUELQUE CHOSE : Nope ! Mais si je change d'avis, je vous en ferai part !
▬ CODES DU RÈGLEMENT : Validés par Taïga ♥
▬ AUTRE : BOUUHHHHH !!!!


_________________
« Si le soleil est une étoile et le ciel une immensité, c'est dans mon regard qu'ils se sont rassemblés »


Pourquoi je suis cinglée...:
 


Dernière édition par Nassaï le Mar 12 Mai - 21:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un soleil perdu dans la brume...   Lun 11 Mai - 22:10

Bienvenue tu as vraiment une très belle écriture et que dire de l'histoire :O ! tu a faite une superbe présentation. Je te valide alors bon jeu parmi nous et je voudrais vraiment un rp avec ton loup:O

_________________
Merci Sherkan
Spoiler:
 


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Un soleil perdu dans la brume...
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